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Condamnation de Marine Le Pen : en Corse, François Filoni dénonce une « exécution judiciaire »


LS et MV le Mardi 1 Avril 2025 à 11:28

Après la condamnation de Marine Le Pen à deux ans de prison ferme et cinq ans d’inéligibilité, le délégué territorial du Rassemblement national en Corse, François Filoni, monte au créneau. À l’image des cadres du RN au niveau national, il dénonce un « jugement politique » visant à écarter leur candidate en vue de la présidentielle de 2027.



François Filoni
François Filoni
Lundi 31 mars Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national et triple candidate à la présidentielle, a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme, et cinq ans d’inéligibilité immédiate, dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen. Le tribunal a reconnu qu’une partie de ces collaborateurs étaient employés à des tâches partisanes, en contradiction avec leur mission institutionnelle. Si elle a d’ores et déjà fait appel, au sein du RN, les réactions ont été immédiates. « On ne laissera pas les Français se faire voler l’élection présidentielle », a réagi mardi la députée RN à l’Assemblée nationale, dénonçant « la bombe nucléaire » du système. Jordan Bardella, président du Rassemblement national, a parlé d’une « décision partisane » et d’un « procès politique » visant à empêcher l’opposition d’arriver au pouvoir. 


Une « exécution judiciaire » 
En Corse, la condamnation de Marine Le Pen suscite des réactions. Délégué territorial du Rassemblement national, François Filoni dénonce une
« exécution judiciaire » et voit dans la décision du tribunal correctionnel de Paris une manœuvre politique assumée. « Ce qu’on observe, ce n’est pas une application du droit mais un usage du droit pour écarter une opposante. C’est une méthode qu’on retrouve dans les régimes autoritaires comme la Birmanie ou la Corée du Nord », affirme-t-il. Selon lui, la procédure repose sur une « surdimension » des faits reprochés : « À la base, il est question de neuf attachés parlementaires à qui on reproche un travail en télétravail. Est-ce qu’on va faire la police du mètre carré ? Est-ce qu’un collaborateur doit être dans un périmètre de dix mètres autour de son élu ? C’est absurde », soutient-il. « Et je rappelle qu’en dehors de leurs horaires, chacun est libre de travailler pour qui il veut. »

Le responsable du RN en Corse insiste enfin sur l’absence d’enrichissement personnel dans ce dossier « Elle n’a pas détourné de fonds pour son bénéfice personnel. On ne parle pas ici d’une affaire Cahuzac. Marine Le Pen n’a pas utilisé cet argent pour construire une piscine. On lui reproche une interprétation du règlement européen. » Il compare cette décision à d’autres affaires récentes : « François Bayrou a été relaxé pour les mêmes faits. Éric Dupont-Moretti a été reconnu coupable, mais relaxé parce qu’il ne savait pas qu’il l’était. Et là, Marine Le Pen est privée de se présenter à la présidentielle ? » Pour lui, cette condamnation traduit une instrumentalisation de la justice à des fins politiques : « La justice ne vaut que si elle est perçue comme légitime. En l’occurrence, elle est vécue comme un levier pour barrer la route à une candidature. » Et de conclure : « Cette décision crée un précédent grave. Le peuple doit pouvoir choisir librement ses représentants. Là, ce sont les juges qui décident qui peut ou non se présenter. C’est une ligne rouge. »