
Une « exécution judiciaire »
En Corse, la condamnation de Marine Le Pen suscite des réactions. Délégué territorial du Rassemblement national, François Filoni dénonce une « exécution judiciaire » et voit dans la décision du tribunal correctionnel de Paris une manœuvre politique assumée. « Ce qu’on observe, ce n’est pas une application du droit mais un usage du droit pour écarter une opposante. C’est une méthode qu’on retrouve dans les régimes autoritaires comme la Birmanie ou la Corée du Nord », affirme-t-il. Selon lui, la procédure repose sur une « surdimension » des faits reprochés : « À la base, il est question de neuf attachés parlementaires à qui on reproche un travail en télétravail. Est-ce qu’on va faire la police du mètre carré ? Est-ce qu’un collaborateur doit être dans un périmètre de dix mètres autour de son élu ? C’est absurde », soutient-il. « Et je rappelle qu’en dehors de leurs horaires, chacun est libre de travailler pour qui il veut. »
Le responsable du RN en Corse insiste enfin sur l’absence d’enrichissement personnel dans ce dossier « Elle n’a pas détourné de fonds pour son bénéfice personnel. On ne parle pas ici d’une affaire Cahuzac. Marine Le Pen n’a pas utilisé cet argent pour construire une piscine. On lui reproche une interprétation du règlement européen. » Il compare cette décision à d’autres affaires récentes : « François Bayrou a été relaxé pour les mêmes faits. Éric Dupont-Moretti a été reconnu coupable, mais relaxé parce qu’il ne savait pas qu’il l’était. Et là, Marine Le Pen est privée de se présenter à la présidentielle ? » Pour lui, cette condamnation traduit une instrumentalisation de la justice à des fins politiques : « La justice ne vaut que si elle est perçue comme légitime. En l’occurrence, elle est vécue comme un levier pour barrer la route à une candidature. » Et de conclure : « Cette décision crée un précédent grave. Le peuple doit pouvoir choisir librement ses représentants. Là, ce sont les juges qui décident qui peut ou non se présenter. C’est une ligne rouge. »